Covid-19 : visites aux malades et dépistage des plus précaires, les nouveaux dossiers de la cellule éthique régionale

Emilie Flahaut - France 3 Normandie 12/11/2020
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Publié le 12/11/2020 à 17h11 • Mis à jour le 12/11/2020 à 18h15

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Elle était en sommeil depuis le déconfinement de la mi-mai. La cellule éthique régionale de Normandie a repris du service. Les thèmes de ce deuxième confinement ne sont pas ceux du premier. Moins de dossiers à traiter en urgence, plus de questions de fond.

Le reconfinement n’est pas une surprise pour Grégoire Moutel. Le président de la cellule éthique normande a regardé passer l’été en se disant que cette belle euphorie n’allait pas durer.  
Lundi 2 novembre, les 12 “sages”, médecins, philosophes, sociologues, représentants des usagers, ont donc repris du service. Et les questions ne sont pas les mêmes. 

Chaque établissement a son protocole de visite
Elles tournent surtout autour de la question des visites aux malades. “D’un établissement à un autre, ce ne sont pas les mêmes règles, il n’y a pas d’uniformité”, explique Grégoire Moutel qui avait déjà rendu un avis à ce sujet  au mois d’avril auprès de la Direction Générale de l’Organisation des soins.


 « D’un établissement à un autre, ce ne sont pas les mêmes règles, il n’y a pas d’uniformité »


“Il y a ceux qui autorisent les visites pour les malades en fin de vie, d’autres uniquement pour les patients qui n’ont pas le Covid et pour d’autres encore, comme le centre de lutte contre le cancer François Baclesse de Caen, c’est le principe du zéro visite. Cela peut se comprendre puisque les personnes qui y sont soignées sont immunodéprimées. En fait tous les établissements ont de bonnes raisons de prendre leur propre réglementation. Mais la donne a changé, nous avons un retour d’expérience.”

L’expérience, ce sont ces témoignages de COvid Plus (ndlr : ces malades du COvid-19 qui ont eu besoin d’être hospitalisés) qui s’en sont sortis et qui disent à quel point les visites qu’ils ont reçues leur ont fait du bien.  “Il faut regarder les histoires familiales et essayer de faire du cas par cas. Mais il faut aussi le codifier et l’inclure dans une recommandation officielle, car sinon on sera confronté à la question de la responsabilité des soignants.” 

Ce sujet revient d’autant plus que, cette fois-ci, les interventions hors-COvid 19 ont été maintenues. “J’ai eu 8 signalements la semaine dernière de la part de familles de patients hospitalisés à Dieppe, au CHU de Caen ou au centre François Baclesse” précise Grégoire Moutel qui fait remonter ces questions au Comité Consultatif National d’Ethique en espérant que l’Etat tranche assez vite sur ces questions et que des directives nationales soient prises. 

Comment dépister les plus précaires ?

Les autres questions posées à la cellule éthique régionale portent sur les personnes les plus précaires, “pas uniquement les personnes qui sont à la rue, plutôt celles qui vivent dans des institutions, dans des résidences sociales. Elles sont déjà très pénalisées économiquement, parce que, certaines, il ne faut pas se leurrer, travaillent au noir, et si elles sont positives, on leur demande de quitter les lieux.”
 

« Si ces personnes précaires sont positives, on leur demande de quitter les lieux… cela veut dire retourner dans la rue »


Quitter les lieux, cela veut dire la rue et donc encore plus de précarité pour des personnes déjà très fragilisées. “On en arrive à des situations délirantes”, souligne le président de la celulle éthique régionale. “Beaucoup de ces personnes ne préfèrent pas dire si elles sont positives. A d’autres qui hésitent à se faire tester, on leur raconte que le dépistage est obligatoire alors qu’il ne l’est pas juridiquement parlant. Nous, à l’espace éthique, nous estimons qu’il manque un maillon essentiel dans la prise en charge de ces personnes !

 Emilie Flahaut

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